Dimanche
27 mai
Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il
rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement.
Je vous dis tout cela pour que vous ne risquiez pas de tomber.
On vous exclura de la synagogue. Et même, l'heure vient où tous ceux qui vous tueront s'imagineront offrir ainsi un sacrifice à Dieu.
Ils le feront parce qu'ils ne connaissent ni le Père ni moi.
Mais voici pourquoi je vous dis tout cela : quand cette heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l'avais dit. Je ne vous l'ai pas dit dès le commencement, parce que j'étais avec vous.
»
Je m'en vais maintenant auprès de celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande : 'Où vas-tu ?'
Mais, parce que je vous ai parlé ainsi, votre coeur est plein de tristesse.
Pourtant, je vous dis la vérité : c'est votre intérêt que je m'en aille, car, si je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l'enverrai.
Quand il viendra, il dénoncera l'erreur du monde sur le péché, sur le bon droit, et sur la condamnation.
Il montrera où est le péché, car l'on ne croit pas en moi.
Il montrera où est le bon droit, car je m'en vais auprès du Père, et vous ne me verrez plus.
Il montrera où est la condamnation, car le prince de ce monde est déjà condamné.
J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter.
Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va
venir, il vous le fera connaître.
Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
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La méditation du jour
Mais qu’est-ce donc que l’Esprit Saint ? Jésus choisit plusieurs mots pour le présenter à ses disciples.
C’est d’abord un Souffle, une réalité ou une personne invisible aux yeux mais dont on peut constater l’action. Ce Souffle crée de la Vie, déplace ceux qu’il pousse
comme fait un grand vent, transporte intérieurement. Il sépare le grain et enlève la balle, garde le bon en faisant disparaître l’inutile. A certaines heures, comme une tempête il déracine ce
qu’on pensait immuable : à d’autres heures il apaise comme un souffle léger. Nous pouvons évoquer de multiples symboles quand nous préférons en français le mot choisi par Jésus : Souffle, et non
pas esprit.
Ce Souffle est le Souffle de Dieu, sa respiration pourrions-nous dire. Ce Souffle circule entre le Père et le Fils. Souffle d’Amour, de réciprocité. Il unit,
faisant communier aux mêmes valeurs, aux mêmes idées, aux mêmes décisions.
« Tout ce qu’a le Père est mien ». Jésus ose cette phrase qui fait de lui Dieu le Fils Unique. Et il la commente « c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend ce qui
est mien pour vous l’annoncer ». Le Souffle de Dieu entend les conversations entre le Fils et le Père, il les comprend parfaitement et les répercute fidèlement au plus intime des
disciples croyants.
Car ce Souffle divin réside au plus secret des personnes humaines. Il les habite, il demeure en elles, comme nous le disons de l’âme et du corps. Sa présence est
active, efficace. Il tient éveillés ceux qui accueillent son influence. Agissant comme une lumière intérieure, il fait comprendre le sens des réalités spirituelles, la portée des Paroles du
Christ, l’originalité de son enseignement, la puissance de son exemple, le bouleversement opéré par sa mort et sa résurrection.
C’est pourquoi Jésus choisit un autre mot pour parler du Souffle de Dieu : il ressemble à un Paraclet. Ce mot, introuvable dans notre langage courant, assemble
deux mots pour dire : celui qu’on appelle à ses côtés, l’homme de confiance sur qui on peut compter, celui qui saura réconforter, soutenir, défendre, expliquer. Privé de Paraclet, on se sent
perdu, abandonné, isolé, en proie à tous les risques de l’existence.
Avec le Paraclet à ses côtés, ou plus exactement demeurant en lui, le disciple du Christ ne perd jamais confiance ni assurance.
S’il ne comprend pas le sens de telle Parole de Dieu, il demande au Souffle divin de lui en faire découvrir le sens. Il peut alors progressivement entrer dans la Vérité tout entière, aimer
cette Vérité pour en vivre.
S’il doit affronter des épreuves à première vue insurmontables, il demande au Paraclet de le protéger, de lui donner courage et lucidité.
Et par conséquent, le Souffle divin ouvre la bouche de ceux qu’il habite, les amenant à rendre témoignage de ce qui les fait vivre, à parler de l’amour qui les rend heureux. Sans
ostentation, mais sans prudence excessive.
Prions donc souvent l’indispensable Souffle divin.
Renouvelle la face de la Terre, le souffle des humains.
Suscite en chacun l’envie de ce qui fait vivre.
Réchauffe ceux qui sont devenus froids et sans amour.
Réconforte ceux que l’épreuve paralyse.
Viens, Souffle de Dieu, Viens, aujourd’hui et chaque jour.
Mgr Jean Charles Thomas, Vendée Ancien évêque de Corse et de Versailles.
Source : http://m.carpedeum
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