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Abbé Yves GROSJEAN


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Le saint du jour

Le psaume du jour

 

 

22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 14:34

L’année liturgique se termine avec la fête du « Christ, roi de l’univers ».

C’est une fête assez récente, puisqu’elle fut instituée en 1925 sous le nom de « Christ Roi ». C’était sur fond de la déchristianisation qui s’installait après la Première Guerre mondiale. Une telle fête voulait notamment rappeler aux Etats d’Europe que c’est sur le Christ seul que devait se fonder la justice sociale et l’ordre moral. Mais cette fête a suscité des réserves chez certains catholiques eux-mêmes. Pour quelques-uns, elle était trop politique. Pour d’autres, la fête de l’Epiphanie représentait la meilleure célébration de la royauté du Christ, puisque des sages de la terre venaient lui rendre hommage, reconnaissant en lui une authentique souveraineté (on les a même fait devenir des roi-mages). D’autres encore pouvaient s’étonner que pour la première fois, on introduisit dans la liturgie une fête qui évoque un titre du Christ, alors que toutes les fêtes traditionnelles du Christ sont liées à un événement : l’Annonciation, la Naissance, la Résurrection…

Cette fête est pourtant restée dans les missels catholiques, après la Réforme liturgique de Vatican II. Mais elle a bien insisté sur le fait que le Christ est « Roi de l’univers ». Roi de l’univers, et non pas roi d’un pays particulier, roi d’un territoire repéré et repérable. A Ponce Pilate, Jésus répondra qu’il est roi, en effet. C’est bien ce que Pilate voulait entendre. Mais Jésus précisera clairement que son royaume n’est pas de ce monde (Jn 18, 28-40), même si cela ne signifie pas non plus qu’il en soit étranger. On tournera néanmoins Jésus en dérision, à ce sujet-là, en apposant un écriteau en haut de sa croix : « Roi des juifs » (Lc 23, 39-43). Et du haut de cette croix, Jésus nommera son royaume du nom de paradis où, contre toute attente, il accueillera un bandit que nous nommons aujourd’hui Bon larron. Une parole du Christ retentira sur la croix. C’est la parole de celui qui n’est pas « roi des juifs » mais, à la fois bien plus que cela et bien moins que cela, « Roi de l’univers ». La parole de ce souverain ne sera pas une parole qui renversera le monde, mais une parole qui retournera ce qui empêche le monde, ici-bas, de connaître la joie et la paix. Sa parole sera une parole de miséricorde dite à un malfaiteur qui montre à tout l’univers que l’on peut entrer dans le lieu de notre bonheur si l’on a foi en cet homme, Jésus, qui est sur la croix.

Jésus est venu sauver ceux qui étaient perdus ! L’Evangile affirme cela après que Jésus a ouvert les yeux de Zachée sur l’exigence de l’honnêteté, la justice et la solidarité en ce monde (Lc 19, 1-10). Mais cette déclaration convient aussi au Bon larron. Jésus lui a ouvert la porte du paradis ! Le bandit qui était discordant au milieu de ses contemporains, celui dont les actes étaient délibérément mauvais, voilà qu’il s’accorde à son Dieu. Voilà qu’il reconnaît son Dieu. Voilà qu’il croit en lui.

La fête du « Christ, Roi de l’univers » arrive à la fin d’une année liturgique. Ne récapitule-t-elle pas tous les mystères du salut des hommes ? Le Christ, notre Dieu, règne sur tout l’univers, parce qu’il prend notre humanité pour la conduire vers ce qu’elle doit être vraiment. Le Christ règne sur tout l’univers car il se fait guérison, il se fait pardon, il se fait aussi compassion. Le Christ règne sur tout l’univers car il porte la souffrance de notre humanité ; il porte nos souffrances sur la croix de l’incompréhension. Le Christ règne sur tout l’univers, car il entraîne avec lui notre monde vers son Royaume de lumière et de paix. En fêtant le Christ, Roi de l’univers, nous affirmons que « le Père envoie son Fils comme sauveur du monde » (1 Jn 4, 14).

Il vient nous sauver, et souvent nous avons du mal à comprendre ce qu’est ce salut. De quoi avons-nous besoin d’être sauvé ? Souvent, nous ne regardons pas nos vies avec assez de simplicité. Parfois, il faut être très élémentaire. Pour parler du salut, un chant créole énonce les choses ainsi : « Il vient pour nous tirer d’affaire… »

Là où nous disons dans le credo « pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel, etc. », le chant dit très concrètement : « Il vient pour nous tirer d’affaire ». Mais quand on regarde les choses de trop haut, ou quand on reste trop lourdement matérialiste, et quand on fait semblant de se suffire à soi-même, on ne peut pas dire une phrase d’une telle simplicité.

Au bout de cette année de la foi, savons-nous dire des choses aussi simples, propres à bousculer notre existence ? Pas d’inquiétude, il ne s’agit pas de rendre sa copie sur ce qui montre que nous avons été de bons croyants. N’oublions pas que cette année de la foi n’allait pas vers un aboutissement. Elle ne faisait qu’ouvrir un chemin.

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