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Abbé Yves GROSJEAN


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Le saint du jour

Le psaume du jour

 

 

18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 19:16

Entretien avec Frère Éric Bidot, capucin, gardien du couvent de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Pourquoi, en 1223, saint François ­réalise-t-il une crèche vivante ?

François vivait avec le Christ. Il Le voyait dans les événements et les rencontres de la vie quotidienne, Le reconnaissait dans ses frères, particulièrement dans les plus pauvres. François n’avait qu’un désir : ren­contrer, voir, toucher son Seigneur. Dans l’Évangile, deux mystères de la vie du Christ lui faisaient venir les larmes aux yeux : la Crucifixion et la Nativité.

François se présente comme un homme « simple » : il est artiste, poète, sensible. Pour comprendre l’Évangile, il avait besoin de le voir, le ­toucher, l’expérimenter.

Comment les gens ont-ils réagi ?

On a dû beaucoup en parler dans les chaumières ! Si nous n’avons aucune trace de ce que François a dit lors de son prêche, la légende populaire raconte que les gens furent si touchés qu’ils repartirent avec des brins de paille, au point qu’il n’en resta plus un seul... Également, sa manière de parler de Jésus a réveillé la foi et la ferveur.

J’ai tendance à penser que François a prêché sur l’humilité de Dieu : comment le Dieu trois fois saint, créateur de l’univers, maître du temps et de l’Histoire, a-t-Il pu se faire homme, et naître comme un marginal ? La crèche révolutionne l’image que l’on peut se faire de Dieu : un Dieu qui s’humilie pour notre salut.

Comment entrer dans la contemplation de ce mystère ?

Acceptons de nous laisser bousculer et saisir par le mystère qui se vit sous nos yeux. Mettons-nous à l’école de l’humilité de Dieu. Pour battre des mains devant le plus grand miracle de l’Histoire, il nous faut retrouver notre âme d’enfant.

Nous devrions être bouleversés par la crèche. Et pour cela, nos crèches ne seront jamais assez belles. Tâchons d’en faire de véritables icônes. Qu’en les contemplant, nous soyons émerveillés profondément par un si grand mystère.

Il est important que, dans la crèche, soient ­représentées les activités ordinaires et concrètes des ­personnes d’hier et d’aujourd’hui, plongées dans le quotidien. Pourquoi ne pas ajouter aux ­traditionnels santons des médecins, des ouvriers du bâtiment, des agriculteurs, des commerçants, etc. ? À la crèche, c’est toute la Création qui est convoquée : le cosmos, les éléments naturels, les petits et les grands de ce monde... Dieu se fait homme pour renouveler et réconcilier toute la Création de l’intérieur.

Est-ce là le cœur du message de la crèche ?

La crèche est un mystère de simplicité. Prenons vraiment conscience que les bergers - premiers témoins de la naissance du Sauveur - étaient parmi les plus pauvres, et les plus méprisés des Juifs de leur époque (lire « Les bergers, des veilleurs dans la nuit »). Si nous avions des cœurs et des mains de pauvres, nous entrerions sans difficulté dans la jubilation de la contem­plation de ce grand mystère.

À Noël, la présence de l’Emmanuel (« Dieu avec nous ») nous révèle la simplicité de l’Amour. Dieu est simple. C’est nous qui sommes compliqués par notre péché. À la crèche, Dieu est là. ­Mystère qui fait écho à l’exclamation de saint ­Augustin : « Tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c’est là que je Te cherchais. Tu étais avec moi et je n’étais pas avec Toi ; elles me retenaient loin de Toi, ces choses qui pourtant, si elles n’existaient pas en Toi, n’existeraient pas ! »

Comment cultiver la grâce de Noël tout au long de l’année ?

En laissant Dieu transformer toutes nos relations : notre relation à Lui, à nous-mêmes et aux autres. Il ne s’agit pas là d’une technique psychologique, mais d’une véritable conversion spirituelle. Et pour cela il n’y a qu’un seul moyen : la prière personnelle. Sans elle, impossible de vivre de la grâce de Noël. C’est un peu abrupt, mais c’est la vérité.

Chaque jour, Dieu ne demande qu’à renaître en nous, à nous donner la paix et la joie de Noël. Non pas une paix de façade et une joie excitée, mais une paix profonde et la joie de se savoir aimé. N’avons-nous pas au moins cinq minutes chaque jour pour que Dieu prenne chair en nous ?

Au risque de paraître provocant, une question : pourquoi Dieu s’est-Il incarné ?

Pour nous dire que tout homme est fils et fille de Dieu ! Pour nous révéler le vrai visage de Dieu et, du coup, restaurer notre relation au Père des cieux. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu », disait saint Irénée au IIe siècle. Jésus, en étant vrai Dieu et vrai homme, réconcilie en sa personne l’homme avec Dieu et conduit l’homme à sa vraie et pleine dimension. En s’incar­nant, le Verbe éternel révèle la toute-puissance de sa bonté, de sa miséricorde et de sa tendresse. En Jésus, Il se fait tout proche, tout petit pour ne pas nous effrayer.

La crèche, comme l’eucharistie, est la révélation d’un Dieu qui se fait serviteur de tout homme pour nous dire toute sa puissance d’amour. Comme le dit l’un des plus vieux chants de Noël : « De la crèche au crucifiement, Dieu nous livre un très grand mystère ».

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