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Abbé Yves GROSJEAN


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Le saint du jour

Le psaume du jour

 

 

30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 04:21



 

Le trouble et le malaise vont grandissant à la lecture des nombreuses dépêches de presse relatant les évènements qui agitent le Vatican : arrestation du majordome du Pape en possession de documents secrets, fuites dans la presse, limogeage express du directeur de la Banque du Vatican… On se croirait dans un mauvais remake d’ «Anges et démons » de Dan Brown ! C’est peut-être l’occasion de redire deux ou trois choses simples sur l’Eglise.

 

Il ne s’agit pas de minimiser la crise que semble connaître la curie. L’arrestation de l’un des plus proches collaborateurs du Pape n’est pas un événement anodin. La fuite dans la presse de documents secrets et personnels, volés dans le bureau même du Pape, est gravissime. Benoît XVI s’est d’ailleurs dit « affligé » par ces trahisons. Et les révélations ne vont certainement pas s’en arrêter là …

Gardons-nous également de rentrer dans une analyse « politique » de ces évènements. Ce n’est ni notre rôle ni de notre compétence. Certains s’y essaient et pas de façon toujours heureuse, forgeant une multitude d’hypothèses sur des complots et des affrontements de factions. Il est fort probable que nous ne connaîtrons jamais complètement le dessous des cartes, et nous n’en avons d’ailleurs pas forcément besoin.

Rappelons tout simplement que si tout cela nous peine, notre confiance dans l’Eglise n’en est pas pour autant amoindrie. Elle peut même en ressortir renforcée.

Ce fut un choix résolu du Christ : fonder son Eglise sur des apôtres, hommes faibles et pécheurs, des « galiléens moyens » pourtant appelés et choisis. L’évangile n’a rien voulu gommer de cette « humanité » fragile des apôtres ! Une bonne preuve d’ailleurs que l’évangile n’est pas de la propagande, ni la construction d’une légende dorée… Pendant ces trois années autour du Seigneur, que de querelles et que de faiblesses ! Entre un Judas qui vole déjà dans la caisse commune, un Jean qui réclame la meilleure place là-haut pour lui et son frère, la jalousie des autres, les certitudes de Pierre qui sait mieux que Jésus ce qu’il faut faire, les doutes de Thomas… Jusqu’à la trahison finale de Judas – toujours pour de l’argent – et au reniement de Pierre, chef des apôtres ! Et encore, ce n’étaient que les trois premières années !

Deux mille ans ont passé et l’histoire de l’Eglise a vu se succéder, y compris sur le siège de Pierre et dans son entourage, une succession de lâches et de héros, de faibles et de saints, de pauvres types et de martyrs… Qu’on se rappelle l’état de la curie romaine pendant le siècle de fer, ou l’état du clergé dans les premiers siècles. A lire les conciles de l’époque, il semble bien que tout n’était pas simple ! Sans parler de la Renaissance, des papes d’Avignon… Et de toutes ces luttes d’influence, ces querelles de chapelles, ces ambitions trop humaines qu’on retrouve au cœur de tout pouvoir, et donc aussi au cœur de Rome : « partout où il y a des hommes, il y a de l’hommerie » reconnaissait avec sagesse , dit-on, le bon Saint François de Salles. La soutane ne supprime pas l’humanité blessée de celui qui la porte…

Il y aurait de quoi se lamenter. Et c’est bien légitime de le faire. Car chaque fois qu’un baptisé n’est pas à la hauteur du baptême qu’il a reçu, chaque fois qu’un prêtre ou qu’un(e) consacré(e) n’est pas fidèle au message qu’il prêche et à la tenue de service qu’il porte, il y a au fond quelque chose de scandaleux. Un contre-exemple pénible, parfois destructeur pour la foi des autres.

Mais le buisson d’épines ne doit pas faire oublier les bons fruits qu’on y trouve. Il les met même en valeur, malgré lui. On est ainsi d’autant plus émerveillé de voir comment l’Esprit-Saint continue depuis 2000 ans de susciter, à travers toutes ces faiblesses, des fruits de sainteté. L’histoire de l’Eglise en est toute autant remplie. Et il faudrait être aveugle pour ne pas voir combien le christianisme a marqué positivement notre civilisation. On comprend du coup que tout cela vient de Dieu. Que cette Eglise, si elle n’était qu’humaine, serait déjà à terre depuis longtemps. Il y a un miracle permanent depuis deux millénaires : le Christ continue d’agir à travers son Eglise et à travers la faiblesse de ses membres. La grâce continue de porter du fruit. Et plus je suis lucide sur les faiblesses de ses membres, plus je comprends la sainteté de l’Eglise : elle est assez sainte pour être composée de pécheurs comme vous et moi. Elle est sainte, parce que fondée par le Christ lui-même, qui ne l’a jamais abandonnée et continue de la guider. Elle est sainte, parce qu’elle a reçu les promesses de la vie éternelle. Elle est sainte, parce qu’elle nous rend saints, par les sacrements, pourtant donnés par les mains de pauvres pécheurs. D’ailleurs, si cette Eglise n’accueillait en son sein que des gens parfaits et irréprochables, je n’y aurais pas ma place !

Ce qui pourrait nous révolter et nous faire perdre la foi, nous fait au contraire l’approfondir et la garder : si depuis 2000 ans l’Eglise « tient » et continue de porter du fruit, c’est bien qu’elle ne repose pas sur la force des hommes, mais sur celle de Dieu.

Un observateur extérieur sera toujours tenté de commenter ces affaires comme il le ferait pour celles qui peuvent secouer le gouvernement d’un pays ou celui d’une grosse multinationale. On peut le comprendre. Mais le catholique, sans nier ni s’aveugler sur ces difficultés et ces épreuves douloureuses liées aux hommes, contemple et apprend à aimer son Eglise comme le Christ l’a aimée : sans péché, mais non sans pécheurs. Divine et humaine. Immense famille de ceux qui, loin d’être meilleurs que les autres, se laissent transformer par la même espérance et la même foi. La foi de Paul qui entendait le Christ le rassurer, et nous avec lui : « c’est dans ta faiblesse, que je révèle ma puissance » (2Co 12,9)

Un dernier mot … une fois qu’on a lu tout cela, qu’est-ce qu’on fait ? On peut d’abord prier pour le Pape. Rien ne lui aura décidément été épargné… Et plus que jamais il a besoin de notre soutien, du témoignage de notre fidélité, de notre prière. On peut aussi comprendre que l’Eglise, c’est chacun de nous. Et que son rayonnement en va aussi de notre propre engagement, de notre fidélité et de la joie avec laquelle nous vivons notre foi. Dieu est capable de tirer d’un mal un plus grand bien. Face à ce mal, qu’Il nous aide à ne pas rester spectateur attristé, mais à tirer de ces évènements un plus grand désir de nous convertir, de nous donner, de nous engager… car là où nous vivons, là où nous travaillons ou étudions, c’est bien nous qui sommes pour ceux qui nous entourent le visage de l’Eglise !

Abbé Grosjean du diocèse de Versailles

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Published by paroisse.bligny - dans Actualité
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