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Abbé Yves GROSJEAN


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Le saint du jour

Le psaume du jour

 

 

26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 04:51


Exceptionnel par son intensité et sa variété, le voyage de Benoît XVI en Allemagne du 22 au 25 septembre semble laisser une question ouverte sur sa pastorale. A force d’aller sur tous les fronts, le successeur de Pierre ne donne-t-il pas l’impression de se disperser, lui qui a vocation à faire l’unité ? Réponses à travers les étapes du pape dans son pays natal.
ZoomÀ la suite d'une lecture commune de la Parole de Dieu, Benoît XVI a pris la parole lors de la rencontre oecuménique dans l'église du couvent des Agostiniens de Erfurt, le 23 septembre.
© DR



A chacun son Benoît XVI. Les uns verront le pape de l’unité entre les chrétiens qui, le 23 septembre au couvent d’Erfurt, a rendu hommage à Martin Luther. Un chercheur de Dieu tourmenté mais authentique, nous dit le pape. Au risque de neutraliser une identité catholique portée par l’élan de la Contre Réforme et de tous ses saints ? D’autres retiendront la date du 14 septembre et l’image de ce pape ami de la Tradition qui tend la main, toujours plus loin, en direction de la Fraternité-sacerdotale-Saint-Pie-X. Quitte à mettre en discussion le concile Vatican II et pourquoi pas l’œcuménisme ? Benoît XVI est-il schizophrène ? Côté pile pour les lefebvristes, côté face pour les luthériens ? Ni l’un, ni l’autre : le propre du catholicisme est de tenir ensemble des paradoxes insoutenables aux yeux du monde, comme le prouvent les discours du pape en Allemagne.

Le dialogue, signe de sagesse et de force

Le dialogue a parfois mauvaise presse. Et pourtant, le pape ne cesse de le pratiquer à temps et à contre temps. En Allemagne, plus encore qu’ailleurs. « La tolérance, il y a des maisons pour ça ! » disait Claudel à l’adresse des adorateurs de l’éternel compromis démocratique. C’était bien envoyé, mais les temps ont changé. A preuve, la « prise de judo » opérée par Benoît XVI à la fin de son discours au Bundestag le 22 septembre, quand il a retourné à son profit la force de l’adversaire : au lieu de fustiger ses détracteurs – les députés d’extrême-gauche qui l’avaient boycotté – il leur a envoyé un message plein de sagesse et d’humour. « L’apparition du mouvement écologique dans la politique allemande à partir des années soixante-dix a été et demeure un cri qui aspire à l’air frais, un cri qui ne peut pas être ignoré ni être mis de côté. » Rires et sourires des députés dans ce très sérieux hémicycle... 

L’unité, option ou nécessité ?

L’unité, cela fait plus forcément vendeur que la division. Cependant, le modèle du pape n’est pas trop à chercher du côté du marketing de bas étage. L’unité vient clairement de Dieu. Et la division du « diviseur », le diable… A Erfurt, le 23 septembre, Benoît XVI a remis l’œcuménisme en perspective : « Jésus prie pour les générations futures de croyants. Il prie pour notre unité. » Ce commentaire de la prière sacerdotale tiré de l’évangile de saint Jean ne peut être mis de côté. On peut caricaturer l’œcuménisme comme un processus de palabres qui commencent sans jamais finir. Un gigantesque rideau de fumée pour cacher une incompétence polie. Soit. Mais l’œcuménisme, c’est bien autre chose dans l’idée du pape. A preuve, il a demandé aux luthériens, fascinés par le modèle du compromis politique, de changer de logiciel. L’œcuménisme n’est pas le fruit de tractations diplomatiques : « Il y a une mauvaise compréhension politique de l’œcuménisme. Quand un chef d’Etat visite un pays ami, des contacts entre les instances précèdent (…) pour évaluer ce qui apparaît avantageux pour les deux parties. (…) Mais la foi des chrétiens ne se base pas sur une évaluation des avantages et désavantages. » En clair, l’unité n’a rien à voir avec le plus petit dénominateur commun.

L’unité par le haut avec les luthériens


On peut remonter assez loin dans la vie de Joseph Ratzinger et on trouvera (presque) toujours quelques amis luthériens. Pas des potiches auxquelles on donne un coup de chiffon pour les faire briller, mais des amis authentiques. Des amis qui partagent l’essentiel, c’est-à-dire l’amour de la vérité. Professeur à Tübingen dans le climat électrique de Mai 68, Ratzinger est chahuté comme les autres par les étudiants en colère. C’est alors qu’il se rapproche de théologiens protestants comme Peter Beyerhaus ou Ulrich Wickert. Des amis chrétiens, cela vaut mieux que des CRS. Ratzinger précise d’ailleurs dans son autobiographie : « Les controverses interconfessionnelles étaient de peu d'importance par rapport au défi devant lequel nous nous trouvions: défendre ensemble la foi au Dieu vivant et en Jésus-Christ. » Face aux grandes adversités, comment perdre du temps en vaines querelles ? C’est le message de Benoît XVI aux Luthériens de 2011 : «  L’absence de Dieu se fait plus pesante. Faut-il pour autant céder à la pression de la sécularisation, devenir modernes moyennant une édulcoration de la foi ? » 

L’anniversaire d’Assise


Chercher l’unité, cela a-t-il encore un sens quand on parle de dialogue interreligieux ? Benoît XVI est attendu à Assise en octobre prochain pour célébrer le 25e anniversaire du rassemblement « historique » convoqué par Jean-Paul II. Certains redoutent déjà, un enterrement en première classe de l’intuition de Jean-Paul II tandis que d’autres dénoncent un « scandale » ignoble issu du syncrétisme. Le pape, en bon catholique, ne se disperse pas comme ces politiques qui répondent chaque jour à un segment différent de l’électorat. Il gouverne, au meilleur sens du terme. Il cherche à faire l’unité, sans perdre aucune des brebis. Il prend chez les uns comme chez les autres des éléments authentiques. Garant de l’unité de l’Eglise, Benoît XVI est celui qui montre au monde le Christ total : « Ce ne seront pas les tactiques qui nous sauveront, qui sauveront le christianisme, mais une foi repensée et vécue d’une façon nouvelle, par laquelle le Christ, et avec Lui le Dieu vivant, entre dans notre monde », comme il l’a affirmé devant les membres de l’Eglise évangélique allemande.

Samuel Pruvot

 

Source : Famile Chrétienne

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Published by paroisse.bligny - dans Benoît XVI
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