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Abbé Yves GROSJEAN


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Le saint du jour

Le psaume du jour

 

 

21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 10:03


Pour son second déplacement africain, ce week-end au Bénin, Benoît XVI a retrouvé les accents de son prédécesseur pour dénoncer la corruption des États et les injustices sociales.

Benoît XVI au moment de sa visite auprès des enfants de la paroisse Sainte-Rit...

(Osservatore Romano/AP)

Benoît XVI au moment de sa visite auprès des enfants de la paroisse Sainte-Rita, samedi 19 novembre, à Cotonou au Bénin.

À Cotonou, il a remis aux Églises d’Afrique l’exhortation apostolique post-synodale Africae Munus , qui appelle l’Église a s’engager fortement dans la société.

La foule était au rendez-vous pour exprimer chaleureusement son attachement au successeur de Pierre, malgré les difficultés d’organisation.

 

Certes, quand un pape se rend en Afrique, il y a toujours ce que l’on appelle, avec une pointe de condescendance, la « couleur locale ». Au Bénin, pour ce 22e  voyage de Benoît XVI hors d’Italie, le deuxième en Afrique, celle-ci fut au rendez-vous. Chaleur, foules, chants, musique, jeunesse ont singulièrement contrasté avec la personnalité peu démonstrative de ce pape. Mais, plus profondément, l’homme en blanc s’est véritablement indigné des plaies du continent noir, pour lui et aussi avec lui.

Deux moments forts ont rythmé ce périple de cinquante heures. Mais le premier, la signature de l’exhortation apostolique post-synodale Africae Munus  (« L’engagement de l’Afrique »), consécutive au Synode pour l’Afrique d’octobre 2009, objectif principal de ce voyage, a été quasiment éclipsé par le discours prononcé samedi 19 novembre au matin devant le président béninois, Yayi Boni, l’ancien président marxiste Mathieu Kérékou, et la société civile béninoise.

Là, au cœur de l’immense palais présidentiel construit par la Chine, Benoît XVI s’est départi de son habituel ton enseignant pour adopter une posture d’imprécateur, certes évangélique, mais surtout indigné. On l’a entendu livrer son analyse du printemps des peuples, qui balaie depuis quelques mois le nord du continent.

« NE PRIVEZ PAS VOS PEUPLES DE L’ESPÉRANCE ! »

Utilisant des mots simples, compréhensibles par tous, le pape a pris les accents de son prédécesseur, en d’autres lieux et d’autres temps : « En ce moment, il y a trop de scandales et d’injustices, trop de corruption et d’avidité, trop de mépris et de mensonges, trop de violences qui conduisent à la misère et à la mort. »  

Avec un souffle inhabituel dans ses interventions publiques, Benoît XVI a alors largement dépassé les frontières du Bénin : « De cette tribune, je lance un appel à tous les responsables politiques et économiques des pays africains et du reste du monde. Ne privez pas vos peuples de l’espérance ! Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent ! Ayez une approche éthique courageuse de vos responsabilités ! Cette sagesse vous fera comprendre qu’étant les promoteurs de l’avenir de vos peuples, il faut devenir de vrais serviteurs de l’espérance. »  

Le cardinal Bernardin Gantin et Mgr Isidore de Souza, fervent artisan de la démocratisation du Bénin, sont, pour Benoît XVI, qui est allé prier sur leurs tombes, les témoins de ce rôle prophétique de l’Église en Afrique. « On veut faire bouger les choses, tant sur le plan économique et social que théologique et pastoral »,  confirme un proche du dossier africain au Vatican. Le discours de Cotonou restera comme la pierre de touche de cette volonté.

PURIFICATION ET D’APPROFONDISSEMENT

Pour autant, Africae Munus,  document dense, très élaboré, marque bien la feuille de route des Églises en Afrique pour la génération à venir. Positif, ce texte de 137 pages synthétise les 57 propositions du Synode de 2009. Ses 244 participants s’y reconnaîtront. Justice, paix et réconciliation en restent les piliers, mais ancrés dans l’amour du Christ, et à sa suite. Juste avant de quitter le Bénin, le pape a confirmé son optimisme évangélique :« J’ai l’intime conviction que l’Afrique est une terre d’espérance. »  D’un côté, l’Église dans l’univers politique et culturel africain. De l’autre, l’Église en Afrique face à elle-même.

Car ces Églises africaines, déjà anciennes (150 ans au Bénin), doivent entreprendre, elles aussi, un parcours de purification et d’approfondissement, deux mots clés de ce pontificat. Mais peut-être bénéficient-elles d’un atout, que le pape a abondamment mis en évidence au fil de son voyage. Dès la première journée, Benoît XVI a en effet décidé de s’appuyer sur les vertus traditionnelles de l’Afrique. Dans l’avion, s’adressant aux journalistes, il a mis d’emblée en avant « l’âme africaine », « sa fraîcheur, sa jeunesse, son enthousiasme, son espérance »,  mais surtout son « sens religieux ».  

Le pape théologien discerne en Afrique une « perception de la réalité métaphysique de la vie dans sa totalité, avec Dieu, sans se résoudre au positivisme qui restreint notre vie, la rend aride et atteint l’espérance ».  Au total, pour Benoît XVI, « on trouve dans l’âme africaine un humanisme frais, une réserve sur laquelle nous pouvons compter pour le futur ».  C’est face au temple des pythons, haut lieu du culte vaudou, que le pape a signéAfricae Munus,  à la basilique de Ouidah, la plus ancienne d’Afrique de l’Ouest.

PROMOUVOIR LA PAIX ET LA JUSTICE

Mais ce regard positif sur le vieux fonds culturel est aussi sans concessions : les points de rupture entre l’Évangile et les religions traditionnelles, notamment pour tout ce qui touche à la magie et à la sorcellerie, sont évoqués par le texte qui appelle, là aussi, à une purification.

Parmi les symboles forts exprimés par le pape le 19 novembre, restera, dans les mémoires africaines de la « côte des esclaves », la métaphore des « deux portes », avec laquelle il a conclu la cérémonie de signature de  Africae Munus : « La porte du Non-Retour devenue celle du Pardon et du Salut rappelle le devoir de promouvoir la paix et la justice, et nous pousse à dénoncer et à combattre toute forme d’esclavage. » Allusion forte au quai d’embarquement des esclaves à Ouidah, rebaptisé ainsi par l’Église catholique pour inciter à aller au-delà de la haine. Tout un programme pour l’Église en Afrique.

 

FRÉDÉRIC MOUNIER, à COTONOU, OUIDAH (Bénin)

Source : La Croix

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