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Abbé Yves GROSJEAN


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Le saint du jour

Le psaume du jour

 

 

8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 05:34


L'influence de l'évangile de saint Luc

La certitude que Marie avait été sanctifiée d'une manière proportionnée à sa vocation  unique apparaît dès les premiers textes chrétiens concernant la Vierge, et notamment dans le mot de l'Ange la saluant comme kekharitôménè, "comblée de grâces" (Lc 1, 28).

 

L'idée d'une conception immaculée est aussi venue des récits bibliques concernant Jérémie (ch. 1 de son livre) ou le Baptiste ("Et il advint, dès qu'Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein et Elisabeth fut remplie d'Esprit Saint. " (Luc 1, 41). Jérémie et Jean Baptiste qui sont désignés à une mission d'une particulière importance en vue de l'avènement du Messie, sont sanctifiés dès le sein de leur mère.

 

Les premiers siècles

Ainsi, dès le II° siècle, saint Irénée voyant en Marie une nouvelle Ève, semblait déjà orienter les fidèles dans la direction de la Conception Immaculée.

Plus tard, sous l'influence des Églises d'Orient, la réflexion et la prière se portent sur Marie toute sainte.

Cependant, dans les premiers siècles, l'affirmation de la sainteté de la Mère de Dieu n'excluait pas que lui soient parfois reconnues certaines défaillances (par exemple Cyrille d'Alexandrie évoque un doute de Marie au calvaire).

 

Les discussions sur le péché originel

La reconnaissance de la parfaite sainteté de Marie a été marquée, en Occident, par les discussions concernant le péché originel.

Pour Pélage († 422 environ), la sainteté de Marie est l'exemple de ce que peut la nature humaine lorsqu'elle refuse le péché.

Pour Julien d'Eclane († 445 environ), la sainteté de Marie permet de nier le péché originel.

Saint Augustin[1], tout en admettant que la sainteté personnelle ait été totalement accordée à Marie en tant que Mère de Dieu, il refuse néanmoins que celle-ci, à la différence des autres humains, ait été conçue sans péché. En effet, elle bénéficié, elle aussi, de la grâce de la régénération.

 

Fêter la conception miraculeuse d'une mère stérile

En Orient au VIII° siècle, on célèbre la fête de la conception de Marie, mais il s'agit de fêter la conception miraculeuse de Marie par sa mère Anne jusqu'alors stérile.

 

St Eadmer de Canterbury : fêter la conception immaculée

Au IX° siècle, l'école anglaise par un disciple de saint Anselme, Eadmer, parle non plus de la conception miraculeuse d'Anne, mais de l'Immaculée Conception de Marie.

 

St Bernard et St Thomas d'Aquin résistent

Cette opinion aurais permis le passage au dogme si l'opposition du grand serviteur et admirateur de Marie qu'est saint Bernard de Clairvaux ne s'était pas déclarée.

Saint Bernard dit en effet, que Marie ne pouvait être sanctifiée avant son animation, mais qu'elle le fut après dans le sein de sa mère, avant sa naissance.

Ensuite saint Thomas d'Aquin (1227-1274) et son école résisteront à la croyance en l'Immaculée Conception.

Saint Thomas et ses successeurs n'avaient pas compris que les mérites du Christ peuvent s'appliquer rétrospectivement  car Dieu est en dehors du temps. (Il en est de même d'ailleurs pour tous ceux qui sont morts avant le Christ et qui sont néanmoins sauvés par lui c'est le sens de la descente aux enfers du Christ le Samedi Saint exposé dans cette très belle homélie ancienne et anonyme lue à l'office du matin de ce jour).

 

Cette action rétrospective, Duns Scot, lui, l'a très bien comprise et il l'a rappelée.

 

L'apport de Duns Scot

C'est à Duns Scot, franciscain du XIII° siècle, que revient l'honneur d'avoir renoué avec l'école monastique anglaise du XI° siècle.

Il reprendra la formule célèbre : « Dieu pouvait préserver sa Mère du péché de la race, il convenait qu'il le fît et il l'a fait » (Potuit, decuit, fecit).

Il donne une argumentation puissante en trois points :

« La manière la plus haute et la plus parfaite de réparer l'offense de quiconque n'est autre que de prévenir cette offense. Si en effet la réparation se limite à apaiser l'offensé pour l'amener au pardon, la réparation n'est pas parfaite...  Pour cette raison, le Christ n'aurait pas rendu de réparation parfaite à la Très sainte Trinité s'il n'avait pas prévenu, au moins en quelqu'un, l'offense à la Trinité même; et ensuite si l'âme de quelque fils d'Adam n'existait pas l'exemption de telle faute. Par conséquent, il doit exister quelque descendant d'Adam, exempté de la faute originelle, qui n'ait pas de faute.

2 Le médiateur parfait mérite que toute peine soit enlevée pour celui qu'il veut réconcilier. Mais la faute originelle représente une grande punition, la privation même de la vision divine... Donc si le Christ nous a réconcilié avec Dieu de manière parfaite, il a mérité qu'au moins quelqu'un fût préservé par cette grave peine. Mais ceci ne pouvait arriver que pour sa Mère...  [...]

3. La personne réconciliée, à la limite, ne se sent pas obligée vis-à-vis du médiateur si elle n'a pas reçu le maximum de bien possible. [...] Et personne ne se sentirait ensuite aussi extrêmement obligée envers le Christ médiateur que la personne préservée du péché originel... »

Duns Scot, En III sententiarum, d 3, q 1

 

Il explique qu'il fallait entendre l'immaculée conception non comme une exemption pour la Vierge de la transmission de la faute originelle dans la transmission même de la vie par ses parents, mais bien comme une sanctification s'opérant dès cette transmission, de sorte que la grâce du Christ la préservât de toute existence dans un état irrégénéré, si brève qu'on l'imaginât (Scriptum oxoniense, In IV. Sent., lib. III, dist. 3, q. 1).

 

Vers le dogme catholique

En 1439, le concile de Bâle avait défini l'Immaculée Conception et institué la fête du 8 décembre ; mais ce concile était illégitime.

Le débat reste vif, et, en 1483, le pape Sixte IV affirme que ce point de doctrine est libre, et il interdit de qualifier d'hérétique la position pour ou contre l'Immaculée conception[2]. Le concile de Trente se réfère à cette déclaration à la fin du Décret sur le péché originel, en précisant qu'il n'a pas été dans son intention d'inclure dans le Décret « la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu »[3]

Le pape Alexandre VII approuve le culte de l'Immaculée conception (1661).[4]

En 1708, Clément XI fait de l'Immaculée Conception une fête de précepte dans l'Église universelle.

 

Le dogme de 1854 a été précédé d'une consultation de l'épiscopat mondial, qui se montra à une très large majorité favorable à une telle définition (546 pour et 57 contre). Et le 8 décembre 1854, Pie IX, par la bulle Ineffabilis Deus, définit infailliblement le dogme de l'Immaculée Conception.

 

 


[1] Saint Augustin, Ouvrage inachevé contre Julien, IV, 122 ; PL 45, 1418.

[2] DzS 1425-1426

[3] DzS 1416

[4] DzS 2015-2017

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Published by paroisse.bligny - dans Je vous salue Marie
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