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Abbé Yves GROSJEAN


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Le saint du jour

Le psaume du jour

 

 

28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 05:06

 


Parmi les fêtes dites d’obligation, la Toussaint n’a plus l’air majeur. Pourtant, les tentatives païennes “halloweenesques” n’en sont pas venues à bout. C’est heureux ! À quelques semaines de l’hiver, alors que le vent « corne novembre » (Verhaeren) [1], que les moissons et les vendanges sont terminées, les semailles enfouies, le cœur de l’automne offre une fête qui parle à tous.

Même dans une France malmenant le temps social, France qui vend son dimanche après avoir tenté d’avorter de son lundi de Pentecôte, la Toussaint, fête de l’espérance chrétienne, de l’approche humaine du deuil,1er novembre au cœur des vacances scolaires du même nom, continue d’être toujours fériée et chômée comme si le Concordat de 1802 n’avait pas été rompu unilatéralement en 1905.

Une fête qui résiste

Admettons-le, malgré sa forte identité chrétienne, la fête de tous les saints résiste plutôt bien, n’a pas encore eu trop à subir les assauts des laïcistes. Les tombes fleuries et les églises remplies de fidèles, ne leur en déplaise, ne relèvent pas entièrement du folklore ou de la naïveté. Les faits sont têtus : l’homme « sait qu’il meurt » (Pascal) [2], sait que ses yeux se rempliront d’ombre, mais comme le chante le poète, « ouverts à quelque immense aurore/ De l’autre côté des tombeaux/Les yeux qu’on ferme … voient encore » (Sully Prudhomme) [3].

L’on n’ignore plus que des dirigeants politiques faisant état publiquement de leur athéisme, ont dans l’idée de supprimer des jours chômés issus de fêtes chrétiennes, comme l'Ascension ou la Pentecôte. Certains veulent les remplacer par d’autres fêtes religieuses non chrétiennes au premier rang desquelles certaines fêtes musulmanes, au nom de l'égalité des religions dans une France pas assez laïque à leur goût. Mais ce n’est pas encore fait.

En Europe aussi les fêtes chrétiennes sont menacées. Pour proclamer une fête internationale de l’Europe chômée dans toute l’Union, il faudrait toucher au patrimoine des États membres, donc supprimer un jour férié existant... Fragile lundi de Pentecôte, tes jours sont-ils comptés ?

Devrait-on, observant la peau de chagrin que sont devenus les chrétiens, se ranger alors à la conclusion défaitiste d’Arnaud Join-Lambert qui écrit dans Étudesque « les fêtes chrétiennes sont appelées à muter dans l’Europe ultramoderne à venir » ? que « les Églises ne peuvent pas tout maintenir de leur patrimoine gigantesque et omniprésent provenant de la situation de chrétienté » [4] ? Ce serait vrai s’il n’y avait sursaut. La Nouvelle évangélisation appelée par Jean Paul II revient sur le devant de la scène et Benoît XVI, après lui avoir consacré un tout nouveau dicastère, annonce maintenant qu’elle sera l’objet du prochain synode.

Le progrès des fêtes chrétiennes

Maintenir les fêtes chrétiennes ? Les célébrer avec une liturgie « plus substantielle » selon le vœu de Joseph Ratzinger dans l’Esprit de la liturgie [5] ? Une nécessité certainement, ou alors, comme nous ne le voyons que trop déjà, le temps de l’homme sera condamné à n’être plus humain, ce temps doublement rythmé par le dimanche et les fêtes, « temps historique qui avance vers les Noces de Dieu et du monde, de l’histoire et de l’univers, de la matière et de l’Esprit » (L’Esprit de la liturgie).

Les fêtes non chrétiennes — osons l’affirmer — ne remplaceront jamais les fêtes célébrées par un christianisme qui « a absorbé l’héritage des religions du monde, un héritage purifié et illuminé dans le culte du Dieu unique » (id.). Ne pas reconnaître ce dépassement inouï, c’est tout bonnement régresser en une éclipse d’intelligence dramatique.

La fête de la Toussaint révèle le génie du christianisme de manière éblouissante avec son cortège de bienheureux, sa « foule immense » dont fait état l’Apocalypse, « Église des premiers-nés[qui] nous attend », « des saints[qui] nous désirent », « des justes[qui] nous espèrent » [6].

Comme toutes les fêtes, la Toussaint est mesure du temps de l’homme, mesure de sa vie. Le futur pape avertissait : « Les dates des grandes fêtes chrétiennes ne sont pas interchangeables à volonté. Le calendrier liturgique nous fait participer au rythme de la création, qui est aussi celui de l’économie divine. » Encore faudrait-il que l’homme de nos temps hypermodernes écoute battre son cœur, soit sensible au rythme fondamental de sa vie, à son rythme intérieur comme à celui du cosmos.

« Le temps de la liturgie a pour but de ramener le temps dans les mains de Dieu » écrivait encore Joseph Ratzinger. La fête de la Toussaint, communion avec ceux qui vivent le dimanche qui n’aura pas de fin, se dresse plus essentielle que jamais devant la face des Modernes oublieux de leurs fins dernières.



*Hélène Bodenez est l'auteur de A Dieu le dimanche ? ed. Grégoriennes, 2010.

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Published by paroisse.bligny - dans Fête de l'Eglise
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